Alain Grosajt est entré de plain-pied en peinture avec pour guides Twombly et Tapiès. Travailleur infatigable, il couvre la toile de centaines de signes, créant sa propre écriture, inventant sa mémoire, pansant par la peinture notre douloureux XXe siècle. Nourri de son voyage intérieur, mais aussi par la rencontre d'autres paysages – en Océanie, dans le Sud-Ouest américain, au VietNam ou bien encore récemment au Brésil – son art se tient sur le fil d'un destin singulier. Images et sensations s'imbriquent dans l'esprit du peintre qui trace sur la toile le cheminement de sa pensée. Et la peinture est là comme une évidence. Par séries, elle décline une histoire, notre histoire, celle qui, dit-on, commence avec l'écriture. La toile est une page blanche qu'il va imprégner, griffer, animer, mais dont il ne recouvrira jamais la totalité du champ, cloisonnant son discours dans des marges, libérant l'imagination dans les larges intervalles qui courent d'un signe à l'autre.

texte de BARBARA BAY


Alain Grosajt, Travailleur infatigable, il couvre la toile de centaines de signes, créant sa propre écriture, inventant sa mémoire, nourri de son voyage intérieur, mais aussi par la rencontre d'autres paysages.